Rétrospective des Rencontres AdaptaVille 2025 : les enjeux des politiques publiques sur l’adaptation par Valérie Masson-Delmotte et les acteurs du territoire

Le 5 novembre 2025, près de 350 participants se sont rassemblés à l’Académie du Climat pour la 5ᵉ édition des Rencontres AdaptaVille. Dans cette série d'articles, découvrez les échanges et les retours d’expérience enrichissants qui ont rythmé cette demi-journée pleine d'enseignements sur l'adaptation des territoires au changement climatique. 

Les Rencontres AdaptaVille : le rendez-vous annuel des acteurs franciliens de l’adaptation

Moment phare pour les acteurs de l’aménagement francilien, ce rendez-vous réunit chaque année les professionnels qui contribuent au grand chantier de l’adaptation au changement climatique en Île-de-France, à travers :
 
  • Des tables rondes qui croisent différentes expertises et retours d’expérience pour éclairer les défis actuels,
  • Un forum pour échanger avec les acteurs du territoire et identifier des solutions concrètes,
  • Des visites et ateliers pour s’immerger dans l’adaptation au changement climatique.
Elles sont organisées par l’Agence Parisienne du Climat, en partenariat avec l’ADEME Ile-de-France, la Métropole du Grand Paris, la Ville de Paris et l’Agence de l’Eau Seine-Normandie, et avec le soutien de tout le réseau des partenaires AdaptaVille.

 © Sébastien Borda/Agence Parisienne du Climat 
 

Ce premier article se penche sur le discours d’ouverture des Rencontres AdaptaVille 2025 par Valérie Masson-Delmotte, scientifique et membre du Haut Conseil pour le Climat (HCC). Il restitue également les discours et échanges de la première table ronde sur les enjeux des politiques publiques locales sur l’adaptation à horizon 2030, auxquels ont pris part la Métropole du Grand Paris, la Ville de Paris, l’Ademe Île-de-France et l’Agence Parisienne du Climat.


 

Au sommaire

Le discours d’ouverture de Valérie Masson-Delmotte, chercheuse en sciences du climat et membre du HCC


Cap sur 2030 : les enjeux des politiques publiques locales sur l’adaptation



Le discours d’ouverture de Valérie Masson-Delmotte, chercheuse en sciences du climat et membre du HCC

 Discours d'ouverture de Valérie Masson-Delmotte aux Rencontres AdaptaVille 2025 © Sébastien Borda/Agence Parisienne du Climat


Valérie Masson-Delmotte est chercheuse en sciences du climat, directrice de recherche au CEA, responsable du Centre Climat-Société de l’Institut Pierre Simon Laplace et co-présidente du groupe de travail I du GIEC de 2015 à 2023, élue en 2025 à l’Académie des sciences. 
Elle est intervenue lors des Rencontres AdaptaVille en tant que membre du Haut Conseil pour le Climat et représentante de la communauté scientifique pour partager son expertise sur les enjeux climatiques et son regard sur les politiques publiques de l'adaptation en France.
 
 

Une course de vitesse entre l’aggravation du climat et notre capacité à agir


Les données annuelles climatiques indiquent en juin 2025 que nous sommes désormais dans un monde 1,36°C plus chaud que le climat préindustriel. A ce rythme-là, les +1,5° seront atteint à horizon 2030. Sur la base de ce réchauffement encore plus rapide, les effets du changement climatique en France s'amplifient, s’intensifient, avec un besoin croissant d'adaptation.

En parallèle, le Haut Conseil pour le Climat note dans son rapport un affaiblissement frappant du pilotage de l’action climatique en France, dans un contexte politique national complexe en 2025, mais aussi par rapport à des politiques d'obstruction, voire de destruction, portées par les Etats-Unis au niveau international.

C’est une course de vitesse qui s’engage, entre ce climat qui change vite et ses conséquences qui s’aggravent, et, de l’autre côté, la capacité à agir et à réduire les vulnérabilités. La canicule précoce du 19 juin au 6 juillet 2025 a illustré le phénomène, élargissant les enjeux liés à la chaleur, qui ne concernent plus seulement les personnes âgées, mais aussi les enfants et la santé au travail.


Chaleur, eau, santé, … Face au croisement des enjeux, penser des réponses multialéas 


Aujourd’hui, les villes doivent s’adapter non seulement à la chaleur, mais aussi à un cycle de l’eau plus intense et variable, avec une augmentation des pluies extrêmes et des sécheresses.

Tous ces enjeux se croisent : pour avoir des îlots de fraîcheur végétalisés, il faut de l’eau. Et les choses ne sont jamais simples : plus on végétalise, plus on peut offrir des habitats pour des pathogène et vecteurs de maladies - dengue, chikungunya, virus du Nil occidental, dont les cas émergent de plus en plus fréquemment en Île-de-France. 

« Il faut penser l’adaptation des villes en tenant compte des multiples effets pour la santé : chaleur, eau, mais aussi vecteurs de maladie, ce qui amène à concevoir des réponses multi-aléas et pas uniquement monomaniaques. » 


L’adaptation comme levier d’atténuation ?


À la veille de la COP30 et dix ans après l'Accord de Paris pour le climat, se pose aussi la question de l'adaptation atténuatrice : que mettre en œuvre pour s’adapter au changement climatique tout en évitant d’émettre des gaz à effet de serre et en stockant davantage de carbone ? Sans la mise en œuvre de tous les engagements pris lors de la COP21, c’est un réchauffement de +2,8°C qui nous attend en fin de siècle, qui donnerait en France 10 x plus de vagues de chaleur qu’à la fin du 20e siècle.

L’adaptation peut être un facilitateur pour la mise en œuvre des trajectoires de décarbonation et nous pouvons nous appuyer sur les bénéfices de ses solutions, en termes de bien être, de santé, de biodiversité, d’activité économique. Comme l’a pensé la Ville de Paris, les solutions doivent être centrées sur les droits humains fondamentaux : le droit à l’eau, à l’ombre, au courant d’air ; des aspects essentiels pour construire une réponse face à la chaleur et l’élargir face aux autres aléas.


Se projeter au-delà des trajectoires moyennes et anticiper les événements extrêmes


En plus de l’effort d’adaptation par rapport aux trajectoires les plus plausibles, il est nécessaire de s’intéresser aux événements dont la probabilité d'occurrence est faible, mais les impacts considérables. Si on se projette vers 2050, vers un monde 2°C plus chaud – ce vers quoi nous allons – nous pourrions atteindre des pics à 50°C en Île-de-France. Connaitre cette éventualité doit nous permettre d’anticiper et de durcir les seuils de tolérance des infrastructures critiques au fur et à mesure de leur entretien et rénovation – systèmes de transport, de télécommunication, services de santé –, et de limiter au maximum les dommages si cela se produit. 

« Réaliser des stress tests dans nos territoires permet d'identifier les risques et actions pour être plus efficace dans notre adaptation. » 


L’importance de l'action pour les villes face au changement climatique est reconnue à tous les niveaux et fait l'objet du rapport spécial du GIEC prévu pour mars 2027. Les nouvelles compétences qui émergent sont indispensable pour construire ces nouveaux chemins d'adaptation, pas simples, difficiles à mettre en œuvre, mais essentielles pour se projeter dans ce monde qui se réchauffe.



Cap sur 2030 : les enjeux des politiques publiques locales sur l’adaptation

L'horizon 2030 est désormais à moins de 5 ans. Quels sont les grands défis et enjeux du restant de la décennie concernant l'adaptation du territoire francilien au changement climatique ? 

Lors de discours et table ronde, quatre acteurs du territoire ont pu présenter les stratégies, mesures et outils pour accompagner les transformations urbaines : Daniel Guiraud – Vice-président délégué à la Transition écologique, à la Qualité de l’air et au développement des réseaux énergétiques à la Métropole du Grand Paris, Amélie Renaud – Directrice régionale de l’ADEME Île-de-France, Pauline Lavaud – Directrice de la Direction de la Transition Ecologique et du Climat à la Ville de Paris, et Karine Bidart – Directrice de l'Agence Parisienne du Climat.


Karine Bidart, Pauline Lavaud, Amélie Renaud, Valérie Masson-Delmotte lors de première table ronde des Rencontres AdaptaVille 2025 animée par Cécile Gruber - © Sébastien Borda/Agence Parisienne du Climat



La Métropole du Grand Paris, un territoire exposé à des vulnérabilités multiples


© Sébastien Borda/APC  
Les enjeux énoncés lors du discours d’ouverture ont pu être territorialisés avec le discours de Daniel Guiraud, qui a souligné que la Métropole du Grand Paris entend apporter sa brique à l’édifice de la réponse au double enjeu de l’atténuation et de l’adaptation. 

Dès sa constitution, la Métropole a saisi l’enjeu, dans un climat d'enthousiasme suite à la COP21, très éloigné du backlash actuel 10 ans plus tard, avec un premier Plan Climat-Air-Énergie Métropolitain (PCAEM) adopté en 2018. En cours de révision, avec un projet arrêté en juin 2025, ce Plan Climat consacre désormais une ambition renforcée pour adapter le territoire aux effets du changement climatique, et notamment aux trois principales vulnérabilités auxquels il doit faire face :
 
  • 1. La chaleur : près de 73% de la population est soumise à un effet moyen à fort de l’îlot de chaleur urbain (ICU). La morphologie urbaine actuelle, dense et minéralisé, contribue à stocker la chaleur et à limiter la ventilation naturelle.
  • 2. Les inondations : 77 des 130 communes de la Métropole sont concernées par le risque de crue majeure de la Seine et de la Marne, avec un coût estimé à 30 milliards d'euros par l’OCDE lorsque surviendra la crue centennale. Cette vulnérabilité est de plus accentuée par l’imperméabilisation des sols qui renforce le risque d’inondations par ruissellement, d’où l’importance du zéro artificialisation nette (ZAN).
  • 3. Le retrait-gonflement des argiles (RGA) : plus de 90% du territoire métropolitain est exposé à ce phénomène, qui est un risque structurel majeur pour les infrastructures et bâtiments, aggravé par les sécheresses. 


Soutenir l’adaptation des territoires : outils et financements métropolitains


En réponse à ces enjeux, la version révisée du PCAEM prévoit un volet adaptation structuré autour de 16 fiches action pour plus de 50 mesures opérationnelles.

Pour accompagner les collectivités du territoire, la Métropole assure un rôle de centre de ressources, notamment au travers du soutien au dispositif AdaptaVille.

Par ailleurs, la métropole déploie des aides financières importante pour contribuer à l’adaptation sur son territoire :
 

Elle contribue également à de nouveaux outils, comme la Coopérative Carbone, structure co-construite avec la Ville de Paris qui permet de financer des projets de transition écologique avec une logique de compensation.

En charge de la compétence GEMAPI, la Métropole assure l'entretien de 62 km de digues et murettes, finance des projets de rétention d’eau sur la Marne et sur la Seine, dont le projet de casier pilote de la Bassée, la création de zones d'expansion de crue, et participe à la préparation de la gestion de crise. Elle a notamment pris part à l'exercice de crise HYDROS 25 effectué en octobre 2025, pour tester la coordination avec les autres secteurs dans le scénario de la crue centennale.


L'ADEME pilote de la mission adaptation pour accompagner les collectivités


Amélie Renaud a rappelé qu’en plus d’être un enjeu physique et technique, l’adaptation au changement climatique devient un réel enjeu politique. Un récent sondage a montré que plus d'un maire sur deux pense faire de l'adaptation un enjeu de son programme pour les élections municipales de 2026, et que le risque climatique est celui qui inquiète le plus les élus, devant les enjeux sécuritaires. 

Cette prise de conscience est positive, mais il n’existe néanmoins pas de solution unique et facile à mettre en place qui règlerait tous les problèmes. Les élus sont donc en attentes d’accompagnement, de formation, de montée en compétence pour s’approprier ce sujet et mettre en œuvre les actions sur leurs territoires.


C’est tout l’enjeu de la mission adaptation, mesure du PNACC 3, qui vise à offrir aux collectivités une offre d'ingénierie unique et unifié pour les accompagner quel que soit leur niveau d’appropriation et de connaissance du sujet. Ce guichet unique est co-porté par l’ADEME et le Cerema et réunit tous les opérateurs de l’Etat : Agences de l’eau, OFB, Météo-France, … Il constitue désormais un point d’entrée pour les collectivités, que ce soit pour une simple demande de renseignement ou pour mettre en place une stratégie, qui sont ensuite orientées vers l'offre la plus adaptée en fonction du besoin et du contexte territorial.

Solliciter la mission adaptation   



Amélie Renaud aux Rencontres AdaptaVille 2025 - © Sébastien Borda/Agence Parisienne du Climat 

Des outils concrets pour accompagner l’adaptation des territoires


L’ADEME met également en place d’autres dispositifs pour accompagner les collectivités de A à Z, à travers des outils pédagogiques et à portée de main :
 
  • Pour monter en compétence : des guides, de la vulgarisation, des formations.
  • Pour le diagnostic et la stratégie, des méthodes standardisées, notamment avec TACCT : une méthode pas à pas pour définir les étapes à mettre en place par la collectivité pour faire son diagnostic, mettre en place une stratégie d’action, et suivre et évaluer les actions.
  • Pour les actions concrètes : l’outil Plus fraiche ma ville, simple et pédagogique, clé en main, avec des fiches actions, des retours d’expérience concrets et des évaluations des actions que l’on souhaite mettre en place.

Les entreprises également ont besoin d'aide pour appréhender le sujet, partager les retours d'expérience et s’appuyer sur les bonnes pratiques. Pour les accompagner, l’ADEME met à leur disposition des réseaux et ressources pour monter en compétence, évaluer leur exposition aux risques et mettre en place les actions les plus adaptées.


Adapter Paris à la nouvelle donne climatique : une stratégie à 360°


L'été 2025 se classe au 5ᵉ rang des plus chauds à Paris, et Pauline Lavaud souligne que la canicule précoce de juin, sur le temps scolaire, a montré qu’il y avait encore beaucoup à faire pour préparer la réponse face au changement climatique.

« C’est quasiment tout le fonctionnement de la ville qu’il faut revoir pour se préparer aux crises et s’adapter à la nouvelle donne climatique. Le réflexe adaptation doit irriguer toutes les politiques publiques»


Pauline Lavaud - © Sébastien Borda/APC

À Paris, les élus sont très engagés sur cette question. L’adaptation à 360° irrigue le nouveau Plan Climat adopté en 2024, avec l’ambition forte de la protection des populations et des infrastructures. Une commission transpartisanne a été créée il y a quelques années autour de la mission d’information et d’évaluation « Paris à 50 degrés », dont les regards croisés ont permis de définir une feuille de route pour la ville dès maintenant. 
Des exercices de crise ont été lancés avec les acteurs du territoire  l’exercice de crise Paris à 50°C en 2023, l’exercice Paris inondé en 2025, pour tester la robustesse de la ville et faire prendre conscience de ces sujets-là. Toutes les directions à la ville se posent notamment la question de la gestion de la chaleur, depuis la gestion des bâtiments publics – écoles et crèches notamment –, jusqu’à la question des conditions de travail des 55 000 agents, notamment ceux travaillant en extérieur.

Le programme Paris s’adapte aux vagues de chaleur travaille spécifiquement sur le sujet depuis 5 ans. C’est lui qui est à l’origine des transformations de l’espace public à Paris : rues aux écoles, végétalisation, travail sur les matériaux, dispositifs de rafraichissement et d’ombrages, … De nouvelles ombrières ont par exemple été déployées cet été là où on ne peut pas planter, 175 nouvelles fontaines à boire et brumisantes ont été installées depuis le début de la mandature, des brasseurs d'air sont testés dans les bâtiments. L’ouverture des 3 baignades en Seine fait partie également de la politique d’adaptation. L’enjeu est aussi de faire accepter et comprendre ces solutions afin qu’elles soient bien utilisées et appropriées.

Ce qui est difficile à Paris, où la question se pose sur chacun des 3 600 équipements publics, c'est la massification des solutions. 

« On évalue, on teste, on essaie de trouver des bouquets de solution à mettre en œuvre avant les rénovations globales qui vont prendre du temps. »


Cinq ans d'action sur l'adaptation à l’Agence Parisienne du Climat 


L’Agence Parisienne du Climat mène depuis 5 ans un travail sur le terrain aux cotés des différents acteurs du territoire sur les sujets d'adaptation. Le sujet est de plus en plus intégré dans l'accompagnement à la rénovation des copropriétés. Sur les sujets de l’adaptation dans la ville, le dispositif Adaptaville est désormais bien installé. Il propose des solutions qualifiées et joue un rôle d'animation de l’écosystème des professionnels avec des événements réguliers pour fédérer les acteurs publics et privés.

Comme Amélie Renaud, Karine Bidart témoigne de la dynamique existante sur le territoire sur l’adaptation, qui se mesure notamment au travers de la forte mobilisation autour du dispositif AdaptaVille : 140 candidatures ont été soumises aux trois appels à projets et plus de 80 collectivités participent régulièrement aux événements. 

Karine Bidart et Pauline Lavaud aux Rencontres AdaptaVille 2025 - © Sébastien Borda/Agence Parisienne du Climat  

La demande des collectivités est forte sur ces sujets d’adaptation, et leur manque de moyens en interne engendre des besoins d’accompagnement. Comme souligné par Valérie Masson-Delmotte, adapter un territoire n’est pas simple. Une grande diversité de compétence doit être mobilisée : urbanistes, architectes, paysagistes, mais aussi sociologues, pédologues, hydrologues, … Et les problématiques ne sont pas seulement techniques, mais aussi organisationnelles, avec une mobilisation interservices indispensable pour mettre en place des politiques publiques qui portent leurs fruits.
 
Pour répondre à ces enjeux, l’Agence Parisienne du Climat travaille au côté des collectivités et ALEC du territoire pour mettre en place un parcours d'accompagnement soutenu par la Métropole du Grand Paris, qui propose des ateliers sur mesure. 

« Certaines thématiques sont ressorties des besoins exprimés par les collectivités : la surchauffe dans les écoles et crèches, la question du retrait-gonflement des argiles, la gestion des eaux pluviales, la gestion écologique des espaces verts. »

Une problématique très fréquemment rencontrée est aussi celle de l'entretien des espaces aménagées, les cours oasis par exemple, car au-delà de la réalisation des projets, il faut pouvoir les entretenir pour que la fonction qu’ils remplissent soit assurée dans le temps.


Les ALEC, un atout pour structurer l’adaptation


Les ALEC ont un rôle à jouer pour mettre en œuvre cette transformation de la ville grâce à leur connaissance fine du territoire, à leur présence sur le terrain et à leur capacité à mobiliser des compétences diverses, à accompagner des projets, à favoriser la structuration des filières et l’engagement citoyen. Le travail des ALEC sur la rénovation énergétique des bâtiments a d’ailleurs débuté dans une situation un peu similaire à celle que l’on décrit aujourd’hui sur l’adaptation : un nombre croissant d'acteurs qui se positionnaient, une forte demande d’accompagnement, une filière pas encore structurée. Et il a permis les résultats que l’on connait aujourd’hui pour massifier la rénovation !


Le conseil de Valérie Masson-Delmotte : mieux évaluer pour mieux s’adapter 

Valérie Masson-Delmotte a pu apporter un dernier conseil à l'assemblée : pour faire face à la complexité de l’adaptation, il est nécessaire de structurer une communauté qui apprend collectivement : partager les retours d’expérience, identifier les bonnes pratiques et, surtout, mieux évaluer la qualité des efforts engagés. Cela suppose de se doter de méthodes permettant de mesurer l’efficacité des actions d’adaptation, d’en identifier les limites et de tester la robustesse des stratégies mises en œuvre, notamment au moyen de stress tests territoriaux. 

Les institutions à l’interface entre sciences et politiques publiques, notamment les groupes régionaux d'experts sur le climat, ont un rôle clé à jouer pour construire des référentiels partagés. Un travail de mise à plat des méthodologies mobilisées par les bureaux d’études et cabinets de conseil apparaît également nécessaire, afin d’identifier les approches les plus pertinentes et de faire progresser collectivement les pratiques.

La COP30 avait d'ailleurs pour objectif de s'accorder sur 100 indicateurs clés pour le suivi de l'adaptation dans le monde, mais les discussions n’ont finalement pas abouti et reprendront lors de la conférence annuelle de Bonn. À suivre donc !


Et après ? 

Abonnez-vous à notre newsletter pour ne rien manquer des prochains articles récapitulatifs des tables rondes sur la sécheresse et sur la gestion de crise en temps de canicule ! 

Partager cet article