Cette fiche s'articule avec les autres fiches thématiques sur l'arbre en ville dans le cadre de l'adaptation au changement climatique :
Les principes d'une bonne plantation
Pour s'assurer que l'arbre ait de bonnes conditions de développement, la plantation est une étape cruciale car elle définira le lieu où l'arbre évoluera et les ressources à sa disposition.
1. Étudier le site d'implantation et anticiper les contraintes environnementales
On prendra soin dans un premier temps
d'identifier les contraintes des sols : la présence de réseaux souterrains (électricités, canalisations, gaz, etc.) et d'infrastructures (parking, transports en commun, etc.) ainsi que l'épaisseur de pleine terre disponible. Il faut également prendre en compte la présence d'argiles dans les sous-sols afin d'évaluer le
risque de retrait-gonflement (RGA).
À Paris, il est par exemple interdit de faire passer un réseau souterrain à moins de 2 m des racines l’arbre. Une dérogation peut réduire cette distance à 1,50 m si une protection racinaire est installée.
En amont de la plantation, il faut aussi anticiper l'espace disponible pour la croissance de l'arbre en fonction de son rythme de développement et de sa taille à maturité. Il faut donc prévoir un volume adapté pour la partie aérienne et pour le réseau racinaire, et planter à une distance suffisante des bâtiments à proximité. Si le site est déjà planté, il faut également tenir compte des arbres déjà présents pour limiter la concurrence entre individus.
Il est aussi nécessaire d'identifier les caractéristiques environnementales du site pour choisir l'essence : l'exposition au soleil, les usages présents, la composition et caractéristiques du sol, la disponibilité en eau.
Pour approfondir la démarche du choix des essences, vous pouvez vous référer à l'outil
SESAME du Cerema, la méthode
VECUS du CAUE77 ou encore l'outil
Floriscope de Plante&Cité.
2. Garantir un volume adapté de pleine terre
Pour la plantation, il est recommandé de creuser une fosse de plantation d'une profondeur d'1 m / 1 m 50 et d'une surface adaptée au développement de l'arbre. Par exemple, pour les arbres à grand développement, il est conseillé de creuser une fosse d'au moins 12 m³ (3 m x 3 m en surface et 1,4 m de profondeur).
Toutefois, il est important de garder en tête que la fosse de plantation constitue uniquement un volume de reprise. La pérennité de l’arbre au long-terme dépend avant tout du volume et de la continuité du sol exploitable au-delà de la seule fosse de plantation (la partie excavée en amont de la plantation). À ce titre les fosses continues sont préférables aux fosses individuelles afin que les racines aient le plus d'espace possible à explorer.
3. Préparer le sol en amont de la plantation
Le sol assure l'ancrage, mais aussi l'alimentation en eau et nutriment du sujet planté. Pour assurer un bon enracinement et un bon développement de l'arbre sur le long-terme, le sol doit à la fois permettre l'oxygénation des racines et la disponibilité en éléments nutritifs (minéraux et organiques).
- Si le sol déjà en place est de bonne qualité il peut être conservé et retravaillé en procédant à un décompactage, à la création d'une couche drainante (graviers ou pierres concassés) au fond de la fosse de plantation, et à un amendement avec du terreau ou du compost.
- Si le sol en place n'est pas d'assez bonne qualité, il faut l'excaver et remplir la fosse avec un substrat adapté au moins 1 mois avant la plantation (un mélange de 70% de terre végétale et de 30% de matériaux d'amendement à Paris par exemple).
D'autres compositions de terre sont possibles, en fonction des contraintes du site, comme par exemple des
mélanges terre-pierre qui sont résistants à la compaction et qui favorisent l'infiltration de l'eau (voir la fiche
"Prendre soin des arbres en ville").
Enfin, d'une manière générale, on notera qu'il est préférable de planter des sujets jeunes. En effet, un jeune arbre s’enracine plus facilement dans les sols contraints et développe un système racinaire adapté à son environnement dès le départ. Il subit aussi moins de stress lié à la transplantation que les sujets plus âgés, dont les racines peuvent être endommagées lors du déplacement. De plus, les jeunes arbres s’acclimatent mieux aux conditions urbaines ce qui augmente leurs chances de survie et assure une meilleure croissance à long terme.
De la même façon, la plantation en racines nues constitue une option pertinente pour favoriser un enracinement de qualité et la résilience des arbres (coût moindre, meilleure répartition des racines, moins de risques de malformation racinaire, etc.), sous condition que le sol soit adapté et que la plantation soit mise en œuvre de manière rigoureuse.
Le choix du mode de plantation doit rester contextuel et cohérent avec les contraintes du site et les objectifs du projet. Pour en savoir vous pouvez consulter les ressources du CAUE77.
Prendre soin des jeunes plantations
Passé l'étape de la plantation, les jeunes arbres plantés doivent faire l'objet d'une attention particulière pendant les 5 à 10 premières années afin d'éviter un dépérissement précoce.
- Arrosage les 3 premières années
Pour favoriser la reprise racinaire, il est essentiel
d'arroser fréquemment et de manière adaptée les 3 premières années. A cet effet, l'utilisation de sondes tensiométriques peut être adaptée pour les sujets sensibles ou les arbres à valeur patrimoniale. Ces sondes permettent d'avoir le taux d'humidité exact du sol de la fosse de plantation et ainsi de pouvoir arroser au plus près des besoins de l'arbre.
- Favoriser un port droit et un bon ancrage
La
pose de tuteurs permet de
protéger l'arbre des aléas comme les vents violents et le stabilise en attendant que les racines d'ancrage soient bien implantées. Ils permettent aussi au jeune arbre de pousser droit et de commencer à développer son houppier dans de bonnes conditions.
- Faire les premières tailles de formation
Une fois que le jeune sujet est bien implanté (3 ans après la plantation), on peut commencer à réaliser les premières tailles de formations. Cette taille a pour vocation
d'éliminer les défauts de l'arbre qui pourront à terme causer des problèmes de structures (fourchaison, branche morte, adaptation de l'arbre à son environnement, etc.), mais aussi de commencer à
former le houppier en fonction de la forme recherchée. À noter que pour ne pas fragiliser l'arbre, il ne faut pas tailler plus d'un tiers du volume des branches.
Les jeunes arbres ont une écorce fragile et doivent faire l'objet de soins particuliers. Pour les
protéger des chocs ou éventuels actes de vandalisme, on peut installer des
corsets métalliques fixés au sol. De plus, en milieu urbain, le
rayonnement solaire direct ou indirect (réverbération sur les façades et les revêtements à proximité de l'arbre) peut causer des brulures (appelé échaudures) sur le jeune tronc qui créeront à terme des blessures profondes pouvant entrainer le dépérissement du sujet. Pour le protéger, on peut mettre en place des
canisses ou toiles de jutes autour du tronc.