Souvent présentés comme un élément central de l'adaptation au changement climatique en ville, les arbres peuvent fournir une multitude de services écosystémiques sous réserve qu'ils bénéficient de conditions optimales pour leur développement. Car en réalité, les arbres des villes évoluent dans des milieux très contraints. Il est donc nécessaire de mettre en place de bonnes pratiques de plantation, d'entretien et de protection pour garantir leur bon état de santé.
Une solution fondée sur la nature pour contribuer à l'adaptation au changement climatique en ville.
L'arbre en ville agit sur une multitude d'enjeux d'adaptation : le rafraichissement de l'espace public par son ombrage et sa capacité d'évapotranspiration, l'infiltration des eaux pluviales et l'accueil de la biodiversité, notamment les insectes et l'avifaune.
Cependant, ces bénéfices dépendent de la bonne santé des arbres ainsi que de leurs conditions optimales de développement, difficilement présentes en milieu urbain. Il faut donc veiller à garantir les meilleures conditions possibles pour les arbres en ville.
Points forts
Pérennisation des co-bénéfices associés aux arbres matures
Perception positive du public grâce à l’entretien et à la mise en valeur des arbres existants
Pérennisation des investissements publics en matière de végétalisation arborée
Quand on compare les arbres des villes avec ceux qui évoluent dans des milieux naturels, on observe qu'ils sont plus vulnérables et ont une mortalité accrue. Cela est dû aux nombreuses contraintes que le milieu urbain présente :
le microclimat urbain qui crée des milieux chauds et secs
la moindre accessibilité à la ressource en eau et à la pleine terre causée par l'imperméabilisation des voiries et la présence de nombreux réseaux divers
la compaction du sol causée par le piétinement et la circulation des véhicules, qui asphyxie les racines
des vents parfois violents dû à l’effet couloir créé par les formes bâtis
la présence de nombreux polluants présents dans l'atmosphère où dans les eaux de ruissellements
la réverbération des rayons solaires sur les revêtements de voiries ou les bâtiments qui peuvent créer des échaudures sur les jeunes troncs
les actes de vandalisme
les travaux sur la voie publique qui peuvent endommager les racines, le tronc et les branches des arbres
Toutes ces contraintes sont cumulables et entraînent des conséquences néfastes pour le développement des arbres et leur longévité. Elles deviennent un problème majeur lorsqu'on voit la place centrale des arbres dans les politiques publiques d'adaptation au changement climatique en milieu urbain et peuvent limiter l'impact des bénéfices attendus évoqués précédemment.
Pratiquer une taille raisonnée
La taille crée des plaies dans l'enveloppe de protection des arbres, ce qui les expose à des pathogènes pouvant mettre les mettre en péril. D'une manière générale il est donc recommandé de tailler seulement lorsque c'est absolument nécessaire.
Pour éviter de tailler un sujet adulte où les diamètres des tronçons coupés deviennent importants, ce qui crée donc des plaies de grandes tailles, il y a plusieurs principes à respecter :
L'idéal est d'anticiper la forme de l'arbre dès qu'il est jeune. On coupera donc des branches au sécateur ou à la scie manuelle avant qu'elles ne deviennent dangereuses ou gênantes à l'âge adulte. Cela permettra d'éviter de devoir couper des branches avec un diamètre bien plus grand (ce qui causera une plaie bien plus grande).
Pour limiter le besoin de taille, l'implantation et l'anticipation des contraintes aériennes sont clés et renvoient au principe de "bien planter"
Enfin, les tailles trop fréquentes sont à éviter afin de limiter les risques sanitaires, et de favoriser un port d'arbre naturel :
Pour éviter les risques de propagation de maladie, il est nécessaire de nettoyer et désinfecter les outils de coupes avant les interventions.
Privilégier le port naturel lorsque c'est possible ou semi-naturel dans les milieux contraints (ex : arbres d'alignements), de façon à intervenir le moins possible. Les formes arborées naturelles offrent aussi plus de micro-habitats ce qui permet d'accueillir une biodiversité plus importante.
En Ile-de-France, depuis 2019, 4 communes ont été reconnus foyers d'infection du chancre colorée du platane, nécessitant l'abattage de 189 platanes. (DRIAAF Ile-de-France)
Suivre l'état de santé des arbres
Pour s'assurer de la bonne santé de son patrimoine arboré, il faut réaliser un suivi régulier. Très souvent ce suivi est assuré via des outils SIG (Système d'Information Géographique).
Ce suivi permet d'assurer une surveillance sanitaire continue et ainsi de maitriser le risque de chute d'arbre ou de branches pouvant porter atteinte aux biens ou aux personnes. Il permet également d'avoir l'historique de chaque individu planté et d'adapter ses pratiques de gestion en fonction du développement des arbres. Le suivi peut être réalisé annuellement ou bien de manière continue par les gestionnaires.
Limiter les abattages
Du point de vue de l'écosystème urbain, il est intéressant de limiter les abattages des arbres. Des arbres matures dépérissant ou même morts sur pieds ont de nombreux atouts, comme refuge de biodiversité (notamment pour les oiseaux nichant dans des cavités et les insectes xylophages) ou encore pour favoriser la vie du sol via la dégradation lente des racines.
Bien évidemment, les usages en ville nécessitent que les arbres créant un risque de chute sur la voie publique ou un bâtiment soient abattus. Mais lorsque c'est possible (par exemple un arbre dans une zone inaccessible aux citadins), il faut limiter l'abattage ou bien réaliser une taille en "totem". En coupant toutes les branches et en limitant la hauteur du tronc, on réduit le risque de chute de branche dangereuse tout en gardant l'arbre en place pour qu'il continu à assurer sa fonction de support de biodiversité.
En ville, les pieds d'arbres sont soumis à de nombreuses contraintes comme la présence de déchets, de déjections canines ou encore les dégradations sur le tronc (choc de véhicule, dégâts liés aux chiens, etc.). Mais l'impact négatif principal sur les pieds d'arbre intervient sur les racines et n'est pas directement visible : c'est la compaction du sol, causée par le piétinement humain dans les lieux très fréquentés ou par la circulation de véhicules lorsqu'ils sont plantés à proximité de voiries. Cette action de compaction empêche le bon développement des racines et cause leur asphyxie, résultant in fine à un développement contraint voir même au dépérissement de l'arbre.
Pour lutter contre le compactage, lorsque c'est possible on peut installer des dispositifs de mise à distance du public ou des véhicules (comptez au moins la surface projetée au sol du houppier).
Dans les cas où cette mise à distance est impossible, il faut agir sur la composition du sol elle-même pour qu'il puisse résister à la compaction. A cet effet, les substrats de mélange terre-pierre sont très efficaces. Ils résistent à la compaction grâce aux pierres qui forment une structure porteuse qui reprend les charges. Elles maintiennent des vides stables entre elles, ce qui empêche le tassement complet de la terre fine et préserve la porosité du sol, garantissant ainsi un accès à l'eau et à l'oxygène pour les racines et la vie du sol. Ce mélange peut être composé en différentes proportions terre-pierre en fonction de l'essence et des contraintes du site. Le CAUE77 recommande 2/3 de pierres et 1/3 de terre végétale (plus d'informations sur l'espace ressource arbre du CAUE77).
Préserver la vie du sol
Au-delà des contraintes de compaction mécanique, un sol meuble et aéré est un support idéal pour la vie du sol. Pour qu'un arbre soit en bonne santé, il faut qu'il ait accès à des nutriments organiques et minéraux dans le sol. Dans les forêts, la présence de ces nutriments dans le sol résulte de la décomposition de matériaux par la microfaune du sol : les insectes détritivores, puis les bactéries et champignons produisent l'humus qui enrichit le sol. En ville, pour nourrir son sol, l'idée est donc de reconstituer une couche d'humus en ajoutant une couche de broyat végétal au pied de l'arbre. Cela donne de la structure au sol et l'enrichit sur le long terme.
Diversifier les strates végétales aux pieds des arbres
Comme expliqué précédemment, le paillage permet de récréer une couche d'humus, mais il est aussi possible de végétaliser les pieds d'arbres pour recréer très localement le cycle de la matière organique. En densifiant la présence de végétaux, on essaye de recréer les conditions naturelles propices au bon développement de l'arbre. Végétaliser le pied d’un arbre et diversifier les strates végétales protège le sol, limite le tassement et favorise l’enracinement. La végétation stimule la vie microbienne, libérant les nutriments essentiels à l’arbre. Elle retient l’eau et crée des micro-habitats pour la biodiversité, renforçant ainsi la santé et la résilience de l’arbre en milieu urbain. Végétaliser les pieds d'arbres permet aussi de limiter l'installation de plantes pionnières potentiellement indésirables et qui nécessitent un désherbage manuel.
Protéger les arbres sur les chantiers
Les interventions de travaux sur les voiries et les réseaux souterrains sont monnaie courante en ville. Lorsque ces travaux se déroulent à proximité des arbres, ces derniers peuvent être endommagés si certaines précautions ne sont pas prises.
Le tronc (sensible au choc et au frottement avec les engins de chantier)
Le système racinaire (sensible à la compaction causée par les engins de chantier et le stockage de matériaux, ainsi qu'à la destruction de racines et radicelles lors de travaux de terrassement et excavation)
Les mesures essentielles à mettre en place :
Éviter de faire circuler des engins et des camions sous le houppier pour ne pas tasser le sol au niveau des racines. Si ce n'est pas possible, il faut protéger le sol des environs de l'arbre sur une surface à minima équivalente au diamètre du houppier avec des plaques de répartition de charge. Si le sol n'est pas à niveau, il est possible d'étaler un lit de gravier sous les plaques de répartition.
De la même manière, pour éviter la compaction, il ne faut pas stocker de matériaux au pieds des arbres.
Pour protéger le tronc des frottement et choc, il faut poser un coffrage d'une largeur minimale de 2m si l'espace le permet. Lors d'intervention en dehors des voiries, et si l'espace le permet, l'idéal et de mettre en défens toute la surface projetée du houppier pour à la fois protéger le tronc, les branches et les racines.
Lors d'opérations d'excavation, il est recommandé d'intervenir manuellement ou avec une aspiratrice à proximité des racines, afin de limiter les risques de dommages sur le système racinaire.
Il ne faut pas laisser les racines exposées à l'air libre ou à la lumière. Si besoin, il est possible de les protéger en les recouvrant de tissu humidifié régulièrement.
Les outils et engins de chantier doivent être désinfectés régulièrement afin d'éviter la propagation de maladies, et notamment le chancre coloré du platane présent en Ile-de-France depuis 2019.
De nouveaux outils pour aider les collectivités à protéger leur patrimoine arborée
Afin de garantir le respect des dispositions à prendre pour assurer la bonne santé des arbres en ville, de plus en plus de collectivités se dotent de nouveaux outils comme par exemple les chartes de l'arbre ou le barème de l'arbre.
Barème de l'arbre
Le Barème de l’arbre est un outil utilisé pour estimer la valeur d’un arbre en milieu urbain, notamment dans les contextes d’aménagement, d’expertise ou de litige. Il prend en compte différents critères (dimensions, état sanitaire, essence, rôle écologique, emplacement, fonctionnalité paysagère) afin d’attribuer une valeur monétaire cohérente et défendable. Ce barème sert surtout lors de travaux : il permet d’objectiver les enjeux liés aux arbres, de mieux mesurer les conséquences d’une coupe ou d’une dégradation, et de fixer le montant des compensations financières ou des mesures de replantation à mettre en œuvre le cas échéant. C’est donc à la fois un outil de protection, de gestion et de prise de décision pour les collectivités, les maîtres d’ouvrage et les experts arboricoles.
Charte de l'arbre
Une charte de l’arbre est un document cadre adopté par une collectivité pour définir une vision commune de la place de l’arbre en ville et les engagements nécessaires pour le protéger, le gérer durablement et en favoriser le développement. Elle fixe des principes et des règles : bonnes pratiques de plantation et d’entretien, exigences lors des chantiers, objectifs de diversification des essences, etc. Elle peut imposer des obligations aux intervenants (maîtres d’ouvrage, entreprises, services techniques) afin d'encourager des plantations de qualité et de garantir que chaque opération respecte la santé des arbres existants. C’est donc un outil stratégique et opérationnel pour ancrer la culture de l’arbre dans les politiques publiques.
Retours d'expérience
Le barème de l'arbre mis en place par la Ville de Gennevilliers
En 2025, la Ville de Gennevilliers a adopté par délibération le Barème de l'Arbre. Nous avons pu nous entretenir avec Farid Chikh, chef de projet travaux Espace Verts à la Ville de Gennevilliers, pour discuter de ce nouvel outil.
Un outil aussi bien préventif que curatif
À Gennevilliers, deux outils sont mobilisés de manière complémentaire : la Valeur Intégrale Évaluée (VIE), qui permet de quantifier la valeur patrimoniale d’un arbre, et le Barème d’Évaluation des Dégâts (BED), utilisé pour chiffrer les atteintes portées à l’arbre. Le calcul de la VIE constitue un préalable indispensable à l’application du BED. Ces deux outils constituent ce qu'on appelle communément le Barème de l'Arbre, issu d'un travail collectif réunissant Copalme, le CAUE77 et Plante&Cité.
Le barème joue un rôle préventif en responsabilisant les acteurs intervenants sur le chantier : toute atteinte à l’arbre est susceptible d’être traduite financièrement, ce qui incite à adapter les méthodes de travail en amont. Il constitue également un outil curatif, en fournissant un cadre objectif de dédommagement lorsque des dommages sont constatés.
Farid Chikh souligne toutefois que l’efficacité du dispositif repose sur sa mise en œuvre effective sur le terrain : sans contrôle, le risque du « pas vu, pas pris » demeure. Le barème doit donc s’inscrire dans une organisation opérationnelle intégrant suivi et vigilance pendant les phases de travaux.
Des contrôles sanitaires réalisés par un tiers
Les diagnostics sanitaires sont réalisés par un prestataire extérieur, afin de garantir l’objectivité des évaluations et d’éviter toute situation où la Ville serait juge et partie dans le cadre des dédommagements. Ce principe est central dans la crédibilité du dispositif.
Articuler le barème de l'arbre avec des recommandations de chantier
Le barème est pleinement opérationnel lorsqu’il est associé à des règles de chantier claires. La Ville de Gennevilliers diffuse ainsi une fiche de bonnes pratiques à l’ensemble des maîtres d’œuvre intervenant sur l’espace public. Celle-ci précise les prescriptions à respecter à proximité des arbres avant le chantier (affichage public, prise en compte de la présence d'arbres en amont des études, prévoir un plan de circulation pour éviter les racines, etc.) et pendant le chantier (distances de tranchées, protection des racines, organisation du chantier, etc.). Ce document est intégré en annexe du cahier des charges.
Lorsque ces prescriptions ne peuvent être respectées, le BED est appliqué afin de compenser l’impact sur la santé de l’arbre, par exemple en cas de tranchée réalisée à moins de deux mètres. Cette articulation entre règles techniques et outil financier permet de concilier contraintes opérationnelles et protection effective du patrimoine arboré.
Un outil à intégrer par délibération au conseil municipal
Sur le plan technique, l’outil est relativement simple à déployer, mais il nécessite une volonté claire de la collectivité pour être pleinement opposable lors des chantiers. Pour une commune, la mise en place du barème de l’arbre prend la forme d'une décision politique formalisée par un vote dedélibération au conseil municipal.
La Charte de l'Arbre de la Ville de Paris
En 2021, la Ville de Paris a adopté un Plan Arbre visant entre autres la plantation de 170 000 arbres d'ici 2026, partout où cela est possible. Joint à cette feuille de route figure la Charte de l'Arbre qui traduit concrètement les engagements de ce Plan.
Nous avons pu nous entretenir avec Sylvain Montesinos, adjoint au chef du Service de l'Arbre et des Bois à la Ville de Paris, pour en savoir davantage sur la Charte de l'Arbre et les leviers réglementaires permettant d'assurer la protection des arbres lors des chantiers situés sur le domaine public.
Un outil de communication avant tout
La Charte constitue avant tout un outil de partage et de diffusion des bonnes pratiques, déclinant de manière opérationnelle les orientations du Plan Arbre en matière de plantation, de gestion et de protection des arbres. Elle se fonde sur une démarche volontaire avec la signature des parties prenantes comme les bailleurs sociaux et la RATP par exemple. En revanche, elle n'a pas de valeur réglementaire. Les engagements qu’elle énonce ne font pas l’objet d’une vérification systématique ni d'objectifs chiffrés. Les fiches pratiques associées ont un caractère informatif et pédagogique et sont mises à disposition de tous.
Des protections spécifiques aux chantiers
Cependant, la protection des arbres (aussi bien leurs parties aériennes que souterraines) à proximité de chantiers passe par d'autres outils qui eux sont prescriptifs et opposables. Les mesures de protection des arbres sur le domaine public citées dans la Charte sont intégrées au Protocole de Bonne Tenue des Chantiers de la Direction de la Voirie et des Déplacements (DVD), qui a une valeur contractuelle et peut faire l’objet de contrôles. Ces contrôles sont assurés par la DVD ou bien directement par le Service de l'Arbre et des Bois, lors de visites planifiées ou inopinées.
Enfin, tout comme à Gennevilliers, la protection du patrimoine arboré est renforcée par un barème d’indemnisation de l’arbre, voté par délibération au Conseil de Paris, permettant d’exiger des compensations financières en cas de dommages causés aux arbres propriétés de la Ville.
Retours utilisateurs-rices
Co-bénéfices
Co-bénéfices environnementaux :
Biodiversité
Santé & environnement
Gestion des eaux pluviales
Absorption du CO2
Co-bénéfices autres :
Amélioration du cadre de vie
Coûts
Points d'attentions
Complexité de mise en œuvre du barème de l'arbre et des bonnes pratiques d'intervention à proximité des arbres
Des dommages difficiles à identifier
La principale limite du barème de l’arbre et autres règlements opposables en matière de protection des arbres, réside dans la capacité des collectivités à suivre l’ensemble des chantiers intervenant sur l’espace public. En pratique, le contrôle systématique de toutes les opérations n’est pas possible, ce qui peut réduire la portée dissuasive de l’outil et laisse subsister le risque du « pas vu, pas pris ».
Cette difficulté est accentuée par la nature des dommages causés aux arbres, en particulier aux systèmes racinaires. Les atteintes aux racines sont rarement visibles immédiatement et ne se manifestent souvent qu’à moyen ou long terme, par l’apparition de maladies ou de phénomènes de dépérissement. Lorsque ces dégâts sont constatés a posteriori, le constat sanitaire peut alors étayer une demande de dédommagement différée, parfois plusieurs années après le chantier, dès lors que le lien avec l’intervention initiale est établi, ce qui n'est pas toujours facile.
La mise en œuvre opérationnelle des leviers réglementaires de protection des arbres suppose donc que la collectivité se dote de moyens humains dédiés au contrôle des chantiers, notamment de profils capables d’identifier les situations à risque pour les arbres et de mobiliser le barème lorsque nécessaire.
Mettre l'accent sur la prévention des risques
Par ailleurs, si les prescriptions constituent un levier efficace, l’anticipation demeure le mode d’action le plus vertueux. L’information et la sensibilisation des maîtres d’œuvre en amont des projets permettent d’intégrer les contraintes liées aux arbres dès la conception, d’adapter les plans et les méthodes de chantier, et ainsi de limiter le recours à des mécanismes de compensation financière.
Avoir des dispositifs de protections partagés
Enfin, l’efficacité de ces dispositifs de protection repose sur une appropriation partagée par les équipes et prestataires qui réalisent le chantier. Un travail conjoint sur le barème (et autres prescriptions) et les pratiques d’intervention apparaît donc indispensable pour sécuriser les opérations et réduire durablement les atteintes au patrimoine arboré.
Au-delà des chantiers, les enjeux organisationnels et administratif de gestion partagée de l'espace public et des arbres représentent une difficulté supplémentaire. Par exemple, les arbres gérés par les services d'espaces verts mais étant dans un périmètre d'espace public géré par le service de la voirie qui s'occupe des pieds d'arbre peuvent présenter une problématique de gestion. La mise en adéquation d'un langage commun et d'objectifs partagés au sein des différents services d'une collectivité (et aussi avec les éventuels prestataires) est essentielle pour faire respecter les bonnes pratiques de gestion d'un patrimoine arborée.