La végétalisation des immeubles d’habitation lors des opérations de rénovation

Les travaux de rénovation énergétique peuvent servir de support pour la mise en place de mesures d’adaptation, telles que la végétalisation des toitures. 


Enjeux d'adaptation

Les bienfaits de la végétalisation en milieu urbain

La présence de végétation dans les environnements urbains denses permet de rafraîchir la ville durant les épisodes de forte chaleur. Développée en toiture, elle participe à la rétention des eaux pluviales, et peut améliorer le confort des habitants, en renforçant l’isolation thermique de l’immeuble. Les espaces végétalisés en toiture sont aussi des lieux d’accueil qui, mis en relation, soutiennent la biodiversité en ville. 
Points forts
  • Multiplier les bénéfices apportés par les travaux de rénovation
  • Sensibiliser les copropriétaires 
toit végétalisé
Image d'illustration - © Chuttersnap
Description de la solution

Végétaliser les bâtiments pour rendre la ville plus résiliente au changement climatique

Domaine d’application : Bâtiments

Au-delà des jardins publics et des plantations sur la voirie, la présence de végétation en ville peut être développée en végétalisant les cours d’immeubles, les façades, mais aussi les toits, en particulier s’il s’agit de toitures terrasses plates.

Une solution adaptée à tout type d’immeuble


Elle peut prendre plusieurs formes, en fonction de l’épaisseur et de la qualité du support végétal (couche de terre, ou « substrat »), du choix des espèces plantées et de leur diversité. Les caractéristiques techniques du bâtiment, et de sa structure porteuse, vont aussi conditionner les possibilités de végétalisation.

Une épaisseur d’une dizaine de centimètres va permettre d’accueillir une végétation rase, qui sera plus facile à mettre en œuvre techniquement (charge induite faible) et nécessitera pas ou peu d’arrosage, mais aura une capacité de rétention d’eau assez faible avec un effet de rafraîchissement lié à l’évapotranspiration limité.

A l’inverse, avec une couche de terre de 50 centimètres et plus, des espèces végétales plus hautes et diversifiées (herbacées, arbustives) pourront se développer, et devenir un lieu de vie pour les insectes voire de nidification pour les oiseaux. La capacité d’évapotranspiration sera elle aussi plus importante et l’effet rafraîchissant augmenté.

Intégrer la végétalisation aux projets de rénovation énergétique des copropriétés


Développée à l’occasion de travaux de rénovation énergétique (isolation des façades et de la toiture, amélioration du système de chauffage et de ventilation…), la végétalisation trouve tout son sens. Elle permet d’améliorer l’étanchéité des toits, et participe à l’isolation contre le froid, mais aussi contre la chaleur en été. 

Expérimentation de la solution

Végétalisation de la résidence Desnouettes (Paris, 15e)


La végétalisation des toitures terrasses de la résidence Desnouettes dans le 15e arrondissement de Paris a été décidée à l’occasion des travaux de rénovation énergétique de l’immeuble. Au-delà des objectifs d’économies d’énergie, les copropriétaires ont souhaité réfléchir à l’impact environnemental global de leur projet.

C’est pourquoi ils·elles ont notamment choisi d’utiliser des matériaux biosourcés pour l’isolation de leur immeuble (laine de bois), de traiter l’étanchéité des toitures des bâtiments bas avec une protection végétalisée, qui représente une surface de près de 600 m².

Co-bénéfices

Co-bénéfices environnementaux :

  • Participer au rafraîchissement de la ville durant les périodes de forte chaleur
  • Renforcer la biodiversité
  • Améliorer l’isolation thermique (hiver comme été) des immeubles d’habitation
  • Participer à la rétention des eaux pluviales 

Co-bénéfices autres :

  • Présence esthétique et paysagère
  • Amélioration de la qualité de vie en ville 

Complexité et contexte de mise en oeuvre

La végétalisation des immeubles d’habitation, et en particulier des toitures terrasses, peut idéalement être décidée en même temps que des travaux de rénovation énergétique. En effet, elle s’inscrit dans une même logique environnementale, en participant à l’efficacité de l’isolation thermique, et en se répercutant positivement sur l’environnement direct de l’immeuble (rétention des eaux pluviales, rafraîchissement du quartier…).

Le projet de rénovation énergétique est l’occasion pour la copropriété de réaliser un état des lieux technique de l’immeuble, et de prévoir un ensemble de travaux à plus ou moins long terme, pour assurer son bon entretien ainsi que l’amélioration de son efficacité thermique. Les possibilités techniques d’une végétalisation en toiture peuvent être étudiées à cette occasion, afin de déterminer si celle-ci est envisageable, et dans quelles mesures, notamment pour ce qui concerne l’épaisseur du substrat.

Une intervention sur les toitures, de même que sur les façades ou le système de ventilation, touche les parties communes de l’immeuble, et répond donc aux mêmes contraintes juridiques et administratives. Il s’agit d’une démarche collective, sur laquelle l’ensemble des propriétaires doit se mettre d’accord. 
Coûts

Un investissement proportionnel à la taille du toit végétal

Le coût des travaux va varier en fonction de la surface à végétaliser, de l’épaisseur du substrat, de la qualité et de la diversité des végétaux choisis, mais aussi de la complexité de la mise en œuvre. En particulier, si des travaux complémentaires sont nécessaires (pour assurer la bonne étanchéité du toit, créer un accès ou assurer de bonnes conditions de sécurité), des surcoûts peuvent être entraînés.

En Île-de-France, des aides financières existent, avec un taux d’aide qui peut dépendre du nombre de mètres carrés végétalisés, et du type de végétalisation. Elles peuvent également être obtenues dans le cadre d’un projet de rénovation énergétique de l’immeuble 
Retours utilisateurs-rices

Les phases d’un projet de végétalisation d’une toiture

Le travail de recherche scientifique, mené par des écologues, se poursuit pour déterminer les conditions les plus adaptées pour l’accueil de végétation en toiture. Les premiers résultats montrent des capacités d’adaptation importantes des espèces végétales et écosystèmes, qui se développement sur des milieux qui peuvent paraître inhospitaliers au premier abord.

Une fois les travaux réalisés, la gestion de la toiture végétalisée est également un point d’attention : désherbage manuel des plantes indésirables, fertilisation complémentaire si nécessaire, entretien des évacuations d’eaux pluviales, et du système d’arrosage automatique s’il y en a un, évacuation ou valorisation des déchets verts… Ces interventions peuvent représenter 3 à 5 passages par an, jusqu’à une quinzaine, selon le type de végétalisation.

La recherche de solutions de mise en œuvre, l’étude des services rendus par les toitures végétalisées, ainsi que de leurs modes de gestion, doit donc se poursuivre et se diffuser auprès des acteur·rices professionnels (architectes, paysagistes, entreprises du bâtiment…), tout comme du grand public, et en particulier des copropriétaires. 

Site(s) pilote(s)


Contacts

Porteur·se du projet : Copropriétaires de la résidence Desnouettes dans le 15ème arrondissement de Paris
Juliette Cantet
Agence Parisienne du Climat
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Ressources complémentaires


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