Optimiser le traitement des eaux pluviales : le projet LIFE Adsorb

Le projet LIFE Adsorb, qui réunit de nombreux experts, a permis de créer un bassin planté de roseaux en plein cœur du Bois de Boulogne pour expérimenter un nouveau système de traitement des eaux pluviales de voiries chargées de micropolluants.


Enjeux d'adaptation

Filtration de l’eau de pluie et réduction de l’effet d’îlot de chaleur urbain

Cette solution permet de traiter les eaux pluviales de voirie, et permet de créer des milieux humides, qui sont des réservoirs de biodiversité et contribuent à la réduction de l’effet d’îlot de chaleur urbain. 
Points forts

Dépollution et développement de la biodiversité

  • Dépollution organique et minérale de l’eau
  • Solution fondée sur la nature 
évacuation eaux pluviales
Transformation du déversoir Bugeaud - © Ville de Paris
Timelapse de la transformation du déversoir d'orage Bugeaud dans le Bois de Boulogne
 © Digibox
Description de la solution

Abattre la pollution minérale et organique des eaux pluviales

Domaine d'application : Espace public, Espace privé

Le traitement des eaux pluviales sur le périphérique parisien


Dans le but d’améliorer la qualité des eaux pluviales de voiries avant leur rejet dans la Seine, la Ville de Paris a construit un site démonstrateur afin d’exploiter la capacité de stockage du déversoir Bugeaud. Ce projet permet de contenir les événements pluvieux et les filtrer avant de les rejeter dans la Seine. Les eaux stockées sont pompées et envoyées vers un bassin doté d’un filtre planté de roseaux qui les dépollue avant de les renvoyer vers le réseau hydrographique des mares et les cours d’eau du Bois de Boulogne. La capacité de stockage est de 3 500 m².

Fonctionnement du système de filtration des eaux de pluie


Ce système de filtration s’appuie sur les principes de l'ingénierie écologique (IE). Le filtre consiste en une alternance de couches de sable et de graviers, planté de roseaux, à écoulement vertical semi-saturé. Habituellement, ce système est utilisé pour traiter les eaux usées, l’innovation consiste ici à le tester pour des eaux pluviales de voiries particulièrement chargées en micropolluants, notamment des métaux. Le démonstrateur est constitué de 2 filtres plantés, côte à côte, un sert de référence, l’autre contient en plus un matériau inséré au système de filtration qui permettra de capter les micropolluants. L’insertion de ce matériau, Rainclean®, n’avait jamais été faite auparavant et c’est sa capacité à absorber les micropolluants propres aux eaux pluviales de voiries qui est testé ici. 

Expérimentation de la solution

Les travaux ont commencé en novembre 2018 et ont été dans leur majorité achevés en décembre 2019. L’année 2020, ponctuée par la crise sanitaire, a permis de faire les finitions, et les phases de test ont commencé en fin décembre 2020.

La conception et le suivi de ce projet implique un grand nombre d’expert·es en ingénierie hydraulique, chimie, biologie de l’environnement, sociologie, techniques d’assainissement et de traitement de l’eau.

Ce projet bénéficie aussi d’un suivi sciences humaines et sociales afin de mener des enquêtes à la fois auprès des usager·ères (promeneur·euses, pêcheur·euses) et des technicien·nes.

Les différents partenaires porteront aussi un regard sur les impacts en termes de préservation de la biodiversité apporté par le projet.

Le projet Life Adsorb s’inspire de projets antérieurs : le projet ANR SEGTEUP (système extensifs pour la gestion et le traitement des eaux urbaines de temps de pluie), le projet Adepte (aide au dimensionnement pour la gestion des eaux pluviales par traitement extensif) issu de l’appel d’offre « Projets innovants dans le domaine de l’ingénierie écologique » dans le cadre de la stratégie nationale pour la biodiversité 2011-2020 du ministère de l’écologie, du développement durable et de l’énergie, et enfin le projet danois Life Treasure. 

Co-bénéfices

Co-bénéfices environnementaux :

  • Création d’un nouvel habitat propice au développement de la biodiversité
  • Sobriété (le dispositif a été conçu pour utiliser un minimum d’électricité, seulement utilisée pour les pompes) 

Co-bénéfices autres :

Complexité et contexte de mise en oeuvre

Ce projet permettra d’améliorer les connaissances sur le traitement d’un type d’eaux pluviales bien particulier : les eaux en bordure de route et de voirie.

Le projet est conçu pour être adaptable à des installations déjà existantes, à d’autres territoires ruraux et moins denses, et à d’autres applications notamment dans le domaine de l’industrie.

Un tel projet nécessite cependant un minimum d’espace pour sa mise en œuvre. Surface totale des 2 filtres du démonstrateur : 1 200 m2.
Coûts

Une solution expérimentée grâce au financement de plusieurs partenaires

Le projet Life est financé sur une durée de 5 ans (2018-2023) à hauteur de 55 % soit 2 568 400 € par le programme européen Life pour un montant global de 4 644 113 €. L’ensemble de l’aménagement se monte à 9,6 millions d’€. La Métropole du Grand Paris a contribué à hauteur de 1 million d’€. L’Agence de l’Eau Seine Normandie est également un partenaire financier.
Le projet a été dimensionné pour nécessiter un minimum de main d’œuvre, mais la connaissance quant aux besoins humains et financiers relatifs à son exploitation reste à affiner. 
Retours utilisateurs-rices

Le déploiement du projet Life Adsorb dans le bois de Boulogne

Le projet Life Adsorb fait partie d’une opération d’aménagement plus vaste qui a été rendue possible grâce à la poursuite d’un double objectif : la dépollution des eaux du périphérique, mais aussi (cette partie ne fait pas partie du projet Life Adsorb) la déconnexion des eaux du bassin hydrographique du bois de Boulogne du réseau d’assainissement des Hauts de Seine, afin de connecter ce dernier en aval du déversoir Bugeaud. Sans la poursuite de ce double-intérêt, il aurait sûrement été compliqué d’identifier un espace assez grand pour recevoir ce type d’aménagement dans un espace urbain dense.

Le projet étant à la frontière de différentes compétences, l’enjeu a également été de savoir quel service pouvait en assurer l’exploitation. Ce sont finalement les services en charge de l’assainissement de la Ville de Paris qui ont été chargés de l’exploitation du projet.  

Site(s) pilote(s)


Contacts

Coordination : Ville de Paris, Direction de la propreté et de l'eau, Service technique de l’Eau et de l’Assainissement - Pascale NEVEU, cheffe de projet, Miguel GILLON-RITZ, Jean-François FERRANDEZ

Partenaires : 
  • Ecole des Ponts ParisTech - Marie-Christine GROMAIRE, José-Frédéric DEROUBAIX, Julie GOBERT, Martin SEIDL
  • CEREMA, EPR TEAM, Direction territoriale Ile-de-France, Trappes - Philippe BRANCHU
  • ECOBIRD, 69630 Chaponost - Stéphane TROESCH
  • UMR ECOSYS, INRA, AgroParisTech, Université Paris-Saclay, 78026 Versailles - Isabelle LAMY, Juliette FABURE.
  • Laboratoire Eau Environnement et Systèmes urbains (Leesu) - Université Paris Est Créteil - Noureddine BOUSSERHINE

Contact opérationnel :
Pascale NEVEU
Cheffe de projet Life Adsorb pour la Ville de Paris
Direction de la Propreté et de l’Eau
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Ressources complémentaires


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